En premier lieu, la chair du pigeonneau
était très appréciée du propriétaire du pigeonnier qui en tirait parfois quelques bénéfices.
En second, la récolte de sa fiente était surveillée avec soin car c'est un engrais naturel précieux.
Enfin, le pigeon a servi de messager depuis l'antiquité et pendant des siècles.
Bien sûr vous
connaissez les pigeonniers ou les colombiers isolés qui se dressent à proximité des bâtiments des fermes de nos campagnes.
Dans le village de SEPTFONDS, si vous levez les yeux vers
le toit de certaines maisons,
vous apercevrez une dalle en pierre, perforée, placée verticalement contre la façade et toujours
orientée vers l'Est (soleil levant) ou le Sud, c'est l'entrée d'un pigeonnier de grenier. Cette pierre
donne accès à un petit local aménagé et dans lequelles pigeons trouvaient refuge pour s'accoupler,
pondre et couver dans des nids en osier (boulins) placés là par le propriétaire.
Vous remarquerez, en débordement une bordure en pierre disposée
tout autour de
l'entréedu pigeonnier interdisant aux prédateurs de pénétrer à l'intérieur de ce local. Cette
corniche permet aussi aux pigeons de se pauser " pierre d'envol ". Vous observerez que dans quelques cas cette dalle en pierre " de Septfonds,
Calcaire compact, très dur, gris-cendré veiné parfois de roussâtre " (probablement extraite d'une des 15 carrières
de Dardenne et de Finelle et préparée par les tailleurs de pierre locaux) est remplacée par une planche percée.
Aucun autre animal ou oiseau de basse-cour n'a bénéficié
d'un local aussi soigné. Ce traitement de faveur est dû à trois raisons essentielles.
Aujourd'hui, ces pigeonniers ne jouent plus leur véritable rôle,
et les trous d'envol sont
souvent obstrués, interdisant tout accès. Seul l'élément principal extérieur est conservé comme
décoration de la façade. Aussi ont-ils pris l'habitude de nicher sous les tuiles des toitures à l'abri
des prédateurs ou ils se reproduisent anarchiquement à raison de quatre petits pigeons par
couple tous les ans. Dans ces conditions il est impossible de réguler, comme cela se faisait
autrefois, cette reproduction sauvage dont le surnombre pourrait être nuisible. Vous l'avez peut être
remarqué, mais ces pigeons là, ne sont pas aussi sots que certains veulent bien le dire, ils ne se
perchent jamais sur les arbres, ou ils seraient alors une cible facile, ils préfèrent la sécurité d'une
toiture à l'abri des malencontreux coups de fusils.
Que les heureux propriétaires de cet original patrimoine architectural
soient remerciés de l'avoir sauvegardé.
Nous vous engageons à vous promener dans notre cité, et à lever les yeux à la recherche de ces pigeonniers de grenier ; si vous
êtes un observateur attentif, qui n'hésite pas à parcourir les plus petites rues, vous en découvrirez plus de SOIXANTE,
…….. ETONNANT…NON ? …..
Article de Pierre Gauthié
juin 2004
Président de l'association des Amis de Septfonds