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Album Septfonds d'antan
En tressant des brins de paille, créa le premier
chapeau de paille.........

                        Le 28 février 1770 naquit au foyer de Jean Gleye et de Catherine Savi, une petite fille baptisée Perette, son prénom Pétronille vint plus tard.

                       Elle épousa le 3 juillet 1787, en l’église paroissiale de Saint Martin de Sesquières, Jean Cantecor, 33 ans, fils de Blaise Cantecor et de Marie Delmas. Ils s’installèrent à Septfonds. Entre 1788 et 1809 treize enfants virent le jour, Quatre décédèrent en bas âge. Pendant que son mari cultivait ses terres, Pétronille menait paître ses moutons. Pour tromper son ennui, elle cueillit des brins de paille et de jonc, qu’elle assembla en les tressant, c’est ainsi que naquit la première tresse. Elle découvrit que la paille ramassée dans des endroits secs et pierreux était plus blanche, plus solide, plus fine et convenait mieux à son élaboration. C’est ainsi que le premier chapeau de paille pour femme fut créé.

                       Les principaux acteurs de ce développement furent les femmes et les enfants. L’apprentissage des fillettes commençait vers huit ans. Il n’était pas rare de les voir se rendre à l’école, leurs ciseaux à la ceinture, glaner des brins de paille. Ce travail se faisait à la tâche et leur procurait un salaire de 60 centimes à 1,25 francs par jour suivant leur habilité. On tresse au pacage, à la veillée. La production de tresse devient importante et dépasse vite les besoins locaux.

                       Pétronille crée son premier atelier en 1796 et commence un commerce de chapeaux de paille pour femme avec le Haut Rouergue. Les actes de décès de ses deux époux montrent l ‘évolution de cette activité passant du stade artisanal à celui de l’industrie. Lors de son décès, Jean était toujours cultivateur, tandis que Louis Flavien Vaisse, était fabricant de chapeaux.

                       Peu à peu un commerce de tresse s’organise avec des manufactures déjà existantes en France. La tresse de Septfonds fait son apparition dans la chapellerie. Les marchés de la région s’animent. Autour des voitures des chapeliers Septfontois et des alentours, les tresseuses viennent de toutes parts, vendre leur marchandise.

                       Pétronille Cantecor décède le 25 décembre1846 chez sa fille Marguerite et son gendre Pierre Miquel. Son entreprise est transmise à son petit-fils Fortuné qui la portera à son apogée.

                       Fortuné Cantecor est né le 17 octobre 1821, fils de guillaume Cantecor, quatrième enfant de Pétronille et d’Anne Blanc. Il se marie le 18 janvier 1845 avec Louise Mourgues, fille de François Mourgues et de Marie Victoire Gabens.

                       Il construisit une usine, très connue des Sepfontois sous le nom du « Refuge » mais que l’on trouve dans le cadastre sous l’appellation « les Ortalisses ».

                       En 1849, Fortuné fabrique les premiers chapeaux de paille apprêtés ; dressés ; finis. Lors d’un voyage à Londres, Fortuné remarque des tresses de chine (Canton) et décide de les importer. Ainsi le Canton, monopole de l’Angleterre, fait son apparition en France en 1869. L’année précédente, il avait installé dans ses usines les premières machines à presser (machines Mathias) qu’il remplacera par d’autres plus perfectionnées (système Legat). Il fut l’un des premiers à acquérir une machine à vapeur avec un système de haute et basse pression. En 1875, l’apparition de la machine à coudre à pédale permis le quadruplement de la productivité. Les monteuses cousaient en moyenne de 11 à 45 chapeaux par jour. 1887 vit les premières presses à gaz.

                       Parallèlement à cette modernisation, Fortuné décide d’étendre son commerce de Rotin. En 1889, il envoie son petit-fils, Henri Bouzinac, à Batavia (Jakarta) ouvrir un comptoir pour importer cet article.

                       Fortuné décède le 9 mai 1890. Sa fille, Eugénie mariée en 1878 avec Jean Louis Herment (fils de Sophie Gertrude Cantecor et de Jean Jacques Herment), prit la succession.

                       En 1896, la maison Cantecor fabriquait 5000 chapeaux par jour.

                            « Septfonds de la Pierre aux Chapeaux » de l’association « La Paillole de Sept-Fonts »  
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Pétronille Cantecor, la bergère
Juillet 2003