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Origine et passé sur le nom de Septfonds
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Suite, Montauban le 20 août 1900
             Avant de consigner dans ces pages les origines et le passé d'une localité qui, grâce à une florissante industrie, prend chaque jour un rang plus important parmi les centres manufacturiers du Sud-Ouest, il est à propos de grouper ici quelques observations générales.

             Tout d'abord, au lieu de Septfonds, nous écrivons Sept-Fonts, qu'on peut aussi orthographier sans trait d'union. Ainsi le confirme les appellations similaires de diverses localités de la Champagne, de la Lorraine et de la Bourgogne, dont la topographie et la fondation rappellent le site et les origines de cette ville du Tarn-et-Garonne.

             Au reste, maintenir l'orthographe actuelle est se mettre en désaccord avec la dénomination donnée aux habitants : on appelle Septfontois et non Septfondois ce vocable usuel suffirait seul à imposer la forme onomastique que nous adoptons et à laquelle il serait rationnel de revenir officiellement et pratiquement. Peut-on appliquer un mode graphique pour désigner une localité et un autre pour qualifier ses habitants ? Les vieux manuscrits comme les anciens livres imprimés porte uniformément l'orthographe Septfons ou Sept-Fonts ; jamais celle qui est passée dans l'usage et qui condamne également l'expression du langage vulgaire : Sé-founs et Set-founts. C'est bien là l'idée, la réalité exprimée par le qualificatif latin : Septem Fontes, " Sept Fontaines ", et non : Septem Fundi, " Sept Domaine ou Bien-fonds ".

             Ce premier point éclairci, nous tenons à déclarer que cet Essai monographique n'a pas pour but de faire une réclame au centre industriel dont les produits manufacturiers ont de nos jours une réputation européenne. Il y aura bien nécessairement à suivre les phases de développements par lesquelles est passé notre bourg qui, dans l'espace de moins d'un siècle, à vu tripler sa population et surgir des usines, des établissements, des ateliers fort importants, là où, il y a quarante ans à peine sommeillait un des plus vulgaire village. Si même les démarches faites présentement par le Syndicat des Fabricants de toute la région, " pour obtenir une voie ferrée reliant ce point central aux villes de Caussade et de Caylus, qui sont en partie et ses auxiliaires et ses tributaires ", si ces démarches viennent à aboutir, prospérité et extension encore plus grandes sont assurées à Sept-Fonds.

             De tout ceci les historiens à venir en traiteront. Pour le moment, ce sont le passé et les origines, peu connus, qui nous occupent. Avant que les transformations, qui s'opèrent si rapidement, ne fassent disparaître les quelques brides qu'on puisse encore recueillir, il est bon, sinon utile, de les fixer. C'est d'autant plus désirable que jusqu'ici on n'a presque rien tenté, au point de vue historique pour arracher Sept-Fonts à l'oubli il était probablement condamné sans l'industrie des chapeaux de paille. Cinq à six pages parues dans une publication éphémère et dans un recueil de documents relatifs à notre région, c'est tout ce qu'on possède sur cette localité. Il est vrai que les Archives publiques sont plus qu'avares à son sujet : on ne trouve même pas un seul dossier au nom de Sept-Fonts, soit à Cahors, dont releva cette ville jusqu'à la formation du Tarn-et-Garonne, soit à Montauban ou sont centralisés les documents anciens et modernes concernant les communes du département. Quant aux archives communales, elles sont aussi pauvres : simplement deux terriers ou cadastres de 1710 et 1755.
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Montauban le 20 août 1900