suite les dolmens
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  15 dolmens actuellement recensÚs Ó Septfonds  
 
                Septfonds vient en deuxième position sur la liste départementale des communes qui possèdent encore de tels monuments. La plupart sont situés sur le plateau de Dardennes, aux environs de Finelle (7) et de Bartalbenque (6), dans des secteurs où affleurent de grandes dalles calcaires propices à leur construction. Deux autres sont un peu à l'écart dans un contexte moins favorable : Moussac entre Clavel et Saint -Cirq et les Tombes près de Charles. Le grand dolmen de Finelle-Haut, Peyrelevade et les tombes qui ont conservé leur dalle de couverture ou table, sont les plus connus. Les autres, moins spectaculaires car plus ou moins ruinés, nécessitent un œil averti pour détecter leur présence. Quelques-uns ont été anéantis ; le dolmen de Caussé-Bas en est une illustration malheureuse. Ce monument, enfoui sous un éboulis protecteur, a été entièrement détruit lors de l'implantation de l'aérodrome.
        Plus tardif que les dolmens bretons, ces monuments funéraires, que l'on qualifie de mégalithiques puisque bâtis à l'aide de grandes pierres, ont été utilisés dans notre région entre 3500 et 1700 avant notre ère. Ils apparaissent à la fin du néolithique, l'une des grandes étapes de l'aventure humaine préhistorique, marquée par l'apparition des pratiques agropastorales et l'abandon progressif des activités prédatrices antérieures, fondées sur la chasse, la pêche et la cueillette. Leur apogée coïncide avec l'Age du cuivre, mais ils servent encore au début de l'Age du bronze. Leur fréquentation s'interrompt ensuite, malgré quelques réutilisations ponctuelles, souvent tardives. Les dolmens de Septfonds appartiennent au groupe des mégalithes Quercinois, qui comprend 800 dolmens environ sur les 1800 que totalise Midi-Pyrénées.
Violés à diverses époques, leur contenu a souvent été dispersé. Ces investigations anciennes n'ont pas laissé de trace dans la littérature ni dans les musées. Quelques-un cependant ont été fouillés dans un passé récent : Bartalbenque-Ouest 1 et 2, Caussé-Bas, Caus-Vielles, Finelle-Haut 1 ET 3, Moussac et Les Tombes. L'exploration méthodique des témoins subsistants et le tamisage des anciens déblais ont permis une meilleure connaissance de l'architecture et du remplissage de ces monuments.   agrandissement  
    Dolmen de "Finelle"  
        Sur le plan architectural, tous ces dolmens comportaient initialement deux structures complémentaires : un espace clos, la chambre funéraire, et une construction monumentale en pierres sèches, parementée sur les côtés, le tumulus. De plan rectangulaire, la chambre funéraire était habituellement délimitée par trois dalles dressées, plantées dans des rigoles de fondations creusées dans le substrat. Une autre dalle, souvent absente, brisée ou déplacée, servait de couverture. Les entrées, orientées pour la plupart, s'ouvraient de plein pied sur la façade du tumulus, alors que de nos jours elles sont souvent encombrées de matériaux éboulés. A l'intérieur du caveau, le substrat pouvait être apparent ou recouvert d'un dallage. Le tumulus, qui surmontait initialement la table, est toujours ruiné et plus où moins arasé. Ce sont les fouilles qui révèlent son plan primitif, le plus souvent rectangulaire ou trapézoïdal. Deux monuments, Bartalbenque-Ouest 1 et Caux-Vielles, offrent une architecture exceptionnelle, du même type que celle des dolmens emboîtés du Pech de Saint-Antonin-Noble-Val, aujourd'hui restaurés. On y observe deux chambres contiguës, espacées dans le temps, et leur tumulus respectif, le tumulus de la chambre secondaire englobant le monument initial.
          Ici, comme ailleurs, des objets de la vie quotidienne ont été découverts avec les ossements. Les éléments de parure sont prépondérants et on note la diversité des formes (pendeloques diverses et perles annulaires, discoïdes, cylindriques, en tonnelet, à pointe, à ailettes, etc.) et des matériaux (calcite, stéatite, os, cuivre, lignite, test de coquillage, etc.). Le travail du silex est illustré par des flèches, des poignards, de grandes lames brutes ou retouchées, des éclats et divers outils comme les grattoirs et les racloirs. D'autres roches ont servi à la fabrication de haches et de plaquettes polies. Les objets utilitaires en os sont relativement rares (1 poinçon et 2 lissoirs à Bartalbenque-Ouest 1). Il en est de même pour les objets en cuivre (1 grande alène bipointe à section carrée et 2 épingles incomplètes à tête enroulée). La poterie n'est représentée que par quelques tessons de vases campaniformes importés et divers débris insignifiants.
 
  agrandissement   Les dolmens étudiés ont livré des restes humains en quantité variable. Ces ultimes vestiges des dépôts successifs de cadavres dans un espace restreint ont subi d'inévitables remaniements, amplifiés par les diverses intrusions postérieures à l'utilisation principale de ces tombeaux. Aucune sépulture intacte n'a pu être détectée. Quelques connexions anatomiques partielles, indices de sépultures primaires, et de rangements d'ossements sont à signaler cependant. Le dénombrement des dents, vestiges les moins périssables du squelette, a permis de déterminer le nombre minimum des individus déposés dans le dolmen de Moussac (44 dont 14 enfants) et les chambres secondaires de Bartalbenque-Ouest 1 (54 dont 4 enfants) et de Caux-vielles (18 dont 4 enfants).
  Dolmen "Tombe du géant"            
    Les dolmens de Septfonds forment un ensemble remarquable et figurent parmi les plus vieilles constructions en pierres sèches des causses du Quercy. Ces lieux de mémoire, qui témoignent de la présence de nos lointains ancêtres agriculteurs, méritent d'êtres respectés et protégés.  
  décembre 2003     Bernard  Pajot  
            Septfontois et chercheur au C.N.R.S.  
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Les dolmens de Septfonds