Septfonds
vient en deuxième position sur la liste départementale des communes qui possèdent encore de tels monuments. La plupart sont
situés sur le plateau de Dardennes, aux environs de Finelle (7) et de Bartalbenque (6), dans des secteurs où affleurent de grandes dalles
calcaires propices à leur construction. Deux autres sont un peu à l'écart dans un contexte moins favorable : Moussac entre Clavel et
Saint -Cirq et les Tombes près de Charles. Le grand dolmen de Finelle-Haut, Peyrelevade et les tombes qui ont conservé leur dalle de couverture
ou table, sont les plus connus. Les autres, moins spectaculaires car plus ou moins ruinés, nécessitent un œil averti pour détecter
leur présence. Quelques-uns ont été anéantis ; le dolmen de Caussé-Bas en est une illustration malheureuse. Ce monument,
enfoui sous un éboulis protecteur, a été entièrement détruit lors de l'implantation de l'aérodrome.
Plus tardif que les dolmens bretons, ces monuments funéraires, que l'on qualifie de mégalithiques
puisque bâtis à l'aide de grandes pierres, ont été utilisés dans notre région entre 3500
et 1700 avant notre ère. Ils apparaissent à la fin du néolithique, l'une des grandes étapes de l'aventure humaine préhistorique,
marquée par l'apparition des pratiques agropastorales et l'abandon progressif des activités prédatrices antérieures, fondées
sur la chasse, la pêche et la cueillette. Leur apogée coïncide avec l'Age du cuivre,
mais ils servent encore au début de l'Age du bronze. Leur fréquentation s'interrompt ensuite, malgré quelques
réutilisations ponctuelles, souvent tardives.
Les dolmens de Septfonds appartiennent au groupe des mégalithes Quercinois,
qui comprend 800 dolmens environ sur les 1800 que totalise Midi-Pyrénées. Violés
à diverses époques, leur contenu a souvent été dispersé. Ces investigations
anciennes n'ont pas laissé de trace dans la littérature ni dans les musées.
Quelques-un cependant ont été fouillés dans un passé
récent :
Bartalbenque-Ouest 1 et 2, Caussé-Bas, Caus-Vielles, Finelle-Haut 1 ET 3,
Moussac et Les Tombes. L'exploration méthodique des témoins subsistants et le
tamisage des anciens déblais ont permis une meilleure connaissance de
l'architecture
et du remplissage de ces monuments.
Sur le plan architectural, tous ces dolmens comportaient initialement deux
structures complémentaires : un espace clos, la chambre funéraire, et une construction monumentale en
pierres sèches, parementée sur les côtés, le tumulus. De plan rectangulaire, la chambre funéraire
était habituellement délimitée par trois dalles dressées, plantées dans des rigoles de fondations creusées dans
le substrat. Une autre dalle, souvent absente, brisée ou déplacée, servait de couverture. Les entrées, orientées pour
la plupart, s'ouvraient de plein pied sur la façade du tumulus, alors que de nos jours elles sont souvent encombrées de matériaux éboulés.
A l'intérieur du caveau, le substrat pouvait être apparent ou recouvert d'un dallage. Le tumulus, qui surmontait initialement la table, est
toujours ruiné et plus où moins arasé. Ce sont les fouilles qui révèlent son plan primitif, le plus souvent rectangulaire
ou trapézoïdal. Deux monuments, Bartalbenque-Ouest 1 et Caux-Vielles, offrent une architecture exceptionnelle, du même type que celle
des dolmens emboîtés du Pech de Saint-Antonin-Noble-Val, aujourd'hui restaurés. On y observe deux chambres contiguës, espacées
dans le temps, et leur tumulus respectif, le tumulus de la chambre secondaire englobant le monument initial.
Ici, comme ailleurs, des objets de la vie quotidienne ont été découverts
avec les ossements. Les éléments de parure sont prépondérants et on note la diversité des formes
(pendeloques diverses et perles annulaires, discoïdes, cylindriques, en tonnelet, à pointe, à ailettes, etc.) et des
matériaux (calcite, stéatite, os, cuivre, lignite, test de coquillage, etc.). Le travail du silex est illustré par des flèches,
des poignards, de grandes lames brutes ou retouchées, des éclats et divers outils comme les grattoirs et les racloirs. D'autres roches ont
servi à la fabrication de haches et de plaquettes polies. Les objets utilitaires en os sont relativement rares (1 poinçon
et 2 lissoirs à Bartalbenque-Ouest 1). Il en est de même pour les objets en cuivre (1 grande alène bipointe
à section carrée et 2 épingles incomplètes à tête enroulée). La poterie n'est
représentée que par quelques tessons de vases campaniformes importés et divers débris insignifiants.
Les dolmens de Septfonds forment un ensemble remarquable et figurent parmi les plus vieilles constructions
en pierres sèches des causses du Quercy. Ces lieux de mémoire, qui témoignent de la présence de nos lointains ancêtres
agriculteurs, méritent d'êtres respectés et protégés.