Le berceau de la chapellerie
Création du 1er atelier de chapellerie en1796 par Pétronille
Cantecor. Bien que mariée à un Caussadais, elle a toujours vécu sur la commune de SEPT-FONTS
qui était alors formée de deux paroisses d'une superficie totale de 2 094 hectares.
C'est en gardant des brebis, que Pétronille eut l'idée de tresser
des brins de paille, pour tout d'abord faire des tresses et ensuite, en les assemblant, faire des chapeaux. C'est donc ainsi que naquit la fabrication du
chapeau de paille qui se développa pour devenir une véritable industrie. La chapellerie connut une progression importante en 1849 avec le
développement du commerce du chapeau dans le monde entier. Jusque là, il n'y avait que des petits ateliers dans lesquels la tresse se
cousait à la main. La modernisation démarra en 1868 avec l'apparition des" presses " puis en 1875 avec l'arrivée des machines
à coudre à pédales.
De 1798 à 1900 le centre chapelier Septfontois était plus
important que celui du village voisin de Caussade. La population de SEPT-FONTS
passa de 850 à 2 200 habitants. Fin du 19éme siècle il y avait à SEPT-FONTS
25 usines de chapeaux qui occupaient 2 000 personnes dont une partie venait des communes environnantes.
En 1880 la mise en service de la gare SNCF fut un tournant. Le chemin
de fer étant le moyen de locomotion le plus pratique à l'époque, Caussade qui est situé
à un carrefour put en bénéficier et c'est ainsi qu'à partir de 1900 le centre
chapelier de Caussade devint plus important que celui de SEPT-FONTS. A l'origine, le chapeau
de paille fut créé pour se protéger des rayons du soleil, mais avec le temps il devint un accessoire de mode.
Evolution de l'industrie chapelière
En 1900 la chapellerie de SEPT-FONTS
était à son apogée. Les usines tournaient à plein régime et ce depuis les années 1890 " La Belle Epoque "
où tout le monde se coiffait, les femmes avec des Capelines en tresse fine, les hommes avec des Canotiers réalisés avec de la paille
du pays (La Paillole).
L'électricité qui venait de faire son apparition donna un coup de pousse à
la profession, les machines à coudre furent équipées de moteur et le rendement se multiplia. Plusieurs industries annexes virent le
jour telles les fonderies pour les" formes" en aluminium qui petit à petit remplacèrent les "formes" en bois, des ateliers
de fabrication de presses hydrauliques qui succédèrent aux presses mécaniques à pédales, des ateliers d'emballages se
créèrent pour fabriquer des caisses d'expéditions.
La paille quant à elle était toujours cultivée sur les causses alentours de
SEPT-FONDS, Puylaroque, Caylus et également dans les départements du Lot et de l'Aveyron. Cette production ne suffisant plus, les chapeliers
commencèrent à importer cette matière première, d'abord d'Italie puis de Chine.
Parmi les dates importantes de la chapellerie à retenir :
1857 : André Rey, cousin de P.Cantecor, reçoit une subvention de la ville de Caussade pour s'y installer.
Les ouvriers septfontois barrent la route pour empêcher son départ.
1858 : J. Cantecor à son tour vient à Caussade.
1893 : presque toutes les manufactures de Septfonds, où les ouvriers sont syndiqués, ouvrent des
succursales à Caussade ou s'y installent ; c'est le cas de trois employés de la maison Rey (Sol, Miquel, Etienne).
1930 : des grèves importantes, très dures, perturbèrent les deux villes.
La guerre de 1914-1918 annonça
le déclin de l'industrie chapelière,
la guerre de 1939-1945 l'accentua. La venue de l'automobile changea également
les
habitudes du port du chapeau, les grandes Capelines des dames se révélèrent trop
encombrantes pour monter dans les voitures. La mode du " va nue tête " n'arrangea
pas les affaires non plus. En 1950 il ne restait plus
à SEPTFONDS que 14 entreprises chapelières.
"Le bulletin Municipal" Claude Bason
