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                                          Exposition

         Une exposition au Musée de la résistance et de la déportation de Montauban, maison du combattant, 33 grande rue Villenouvelle, apporte le témoignage de ce fait social. Elle a été inaugurée le 29 avril 1995, en même temps qu'une exposition sur les différents camps de prisonniers de guerre, de travail, d'internement et de déportation en Allemagne.
         La mémoire du camp de Septfonds en particulier, dont plus aucun vestige ne reste sur l'emplacement de son installation, est un combat pour la dignité de l'homme. Les dangers d'aujourd'hui, que sont toujours le racisme et la xénophobie, rendent nécessaire la connaissance de cette histoire proche.
          Je remercie particulièrement toutes les personnes internées au camp de Septfonds pour leur témoignage,
ainsi qu' Alexandrine Garric, étudiante en espagnol et Pascal Caïla, étudiant en histoire, à la faculté de Toulouse-Le Mirail.
                                                         Jacques LATU   (Avril 1995)
                                                               Conservateur    
Musée de la Résistance et de la Déportation
33, Grande Rue Villenouvelle
82000 MONTAUBAN
Tel. 05 63 66 03 11
           Visite possible (gratuit) du mardi au samedi - 9h à 12h / 13h30 à 17h (16h30 le samedi), fermé pour
                                                                        les vacances  de Noël et le mois d'août
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Suite, le camp de "Judes"
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La Triste histoire
       Dans la triste histoire de la seconde guerre mondiale, le camp de "Judes", à Septfonds, a valeur de symbole. Il avait été prévu pour recevoir 15.000 miliciens espagnols.

         En février 1939, les dispositions sont prises par le préfet de Tarn-et-Garonne, à la demande de l'autorité militaire, pour faire aménager un terrain de pâturage pour mouton (terrain déjà connu des autorités à "Lalande" et à "Judes", lieux dits de la commune de Septfonds) pour y recevoir 15.000 miliciens espagnols réfugiés en France.

         Trente baraquements sont commandés à des entrepreneurs locaux. Chaque baraque aura 48 mètres de long et 7 mètres de large; orientée vers le sud-est, ouverture sur le côté sud, fermée sur les trois autres, recouverte en tôle ondulée, elle abritera 350 hommes serrés (selon un essai préalablement réalisé en faisant allonger au sol des soldats sénégalais de la caserne Guibert).

        Une clôture entoure le camp d'une double rangée de
piquets et de fils barbelés en ménageant ainsi un chemin
de ronde. Des miradors dominent l'ensemble du camp.

        Il y a deux camps: l'un, provisoire, à "Lalande", reçoit
2.500 miliciens par jour depuis le 5 mars 1939. Après les
mesures d'hygiènes, ils sont transférés à l'autre camp, celui
de "Judes". A partir du mois d'août, les plus âgés et les enfants sont installés dans un camp situé à Pomponne, à Montauban.

        Au début du mois de mars, 2 trains par jour de plus de 1 millier d'exilés chacun s'arrêtent en gare de Borredon. Le trajet se continue à pied par un chemin de campagne, "pour éviter les inconvénients sérieux - selon les craintes des autorités - que ne manqueraient pas de présenter ces interminables défilés de miliciens au milieu des populations de Caussade et de Septfonds, déjà augmentées d'éléments espagnols importants".

         La vie quotidienne, au camp, des internés est celle d'une fourmilière qui s'agite et aussi qui s'organise. "Les cloisons, absentes pour faciliter la surveillance dans les baraques, sont remplacées par des murs de boue, de brique, de toile, de tôle... La couche argileuse, imperméable, de la surface du sol est percée; ainsi, l'eau peut atteindre le sol spongieux et s'écouler... L'un, avec des planches enfoncées dans le sol, endigue l'éparpillement de sa portion de paille. L'autre s'est construit, à l'aide d'une claie de rondins, un sommier sur lequel il a déposé un matelas fait d'un sac de sucre vide bourré de paille..." Un soldat blessé, de la colonne anarchiste Durruti, dira: "Jetés là comme des piltragas (morceaux de chair humaine) abandonnés du monde entier..."

         Beaucoup de gestes de sympathie en faveur de ces réfugiés de la part des habitants de Septfonds et des comités qui se constituent pour leur venir en aide. Les peintres Lucien Cadène et Hubert Bergère offrent leurs tableaux pour une tombola. Le syndicat des cheminots de Montauban envoie un camion de légumes secs et verts et du linge de maison et du savon.

       Les différents corps de métier (tailleur, cordonnier, horloger, coiffeur, fabricant de sandales, etc.) apparaissent dans le camp lors du regroupement des réfugiés en compagnie de travailleurs étrangers de 250 à 400 hommes chacune, commandée par un militaire français et encadrée par des gradés espagnols. Elles participent aux corvées du camp et aux travaux d'utilité publique. Une main-d'oeuvre agricole est fournie à des propriétaires terriens qui ont fait la demande à l'office départemental de la main-d'oeuvre.

         Une masse de réfugiés de Septfonds est transférée dans toute la France pour travailler dans les usines et sur les chantiers de l'organisation allemande Todt, chargée de la construction du mur de l'atlantique. Mais les indésirables, propagandistes extrémistes, suspect, etc., se retrouvent au camp du Vernet-d'Ariège (au bord de la route nationale 20, entre Pamiers et Saverdun), camp répressif pour individus dangereux pour l'ordre public et la sécurité nationale. Certains travailleurs espagnols seront déportés au camp de Mauthausen. Le camp de Septfonds deviendra un centre de rassemblement pour individus dangereux: Juifs, Allemands, Autrichiens, polonais, y seront internés. Enfin, des Français, accusés de collaboration après la libération, en seront les derniers "utilisateurs".

Jacques LATU   (Avril 1995)
Conservateur
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