page précédente
page 3
  (1)(2) 3 (4)(5)(6)(7)        page 3
Suite, le camp de "Judes"
Les premiers réfugiés espagnols
     Il y a cinquante ans, s'ouvraient, après des mois et des années de barbarie, les portes des camps de concentration nazis. Le camp de judes, à Septfonds, fut un "réservoir" des convois de déportés.

        En 1936, lors du soulèvement, au mois de juillet, du général Franco contre la république espagnole,
M.
Ressigeac, professeur d'espagnol au lycée Ingres, tient une série de conférences sur le conflit espagnol. Des séances de cinéma organisées par la section montalbanaise de la Solidarité internationale antifasciste assurent un soutien à l'Espagne républicaine avec l'Union des syndicats de Tarn et Garonne; plusieurs comités de soutien nés à Montauban; les groupements locaux du Parti communiste, du Parti socialiste et du Parti radical. Grâce aux fonds recueillis, des denrées alimentaires et des produits pharmaceutiques permettent de "secourir la détresse des familles et de soigner les blessés, tous les défenseurs de la liberté". Léon Féral, alors conseiller municipal, centralisait les dons.

        Déjà, en septembre 1936, les premiers réfugiés espagnols, hommes, femmes, enfants, dont beaucoup sont très jeunes, arrivent sans aucune ressource, en gare de Montauban, fuyant la ville frontalière d'Irun et l'avance des troupes espagnoles nationalistes. Rapidement, l'accueil s'organise au Verger départemental et dans les logements particuliers, à Montauban.

               Avant la création du camp de Judes, à Septfonds,
      2.300 réfugiés espagnols sont ainsi répartis: Montauban,
          1.250; Moissac, 50; Molières, 120; Saint-Antonin, 20;
          Lauzerte, 50; Lavit, 49; Golfech, 31; Castelsarrasin, 71;
                      Caussade, 430; Verdun-sur-garonne, 50;
                       Beaumont-de-Lomagne, 81; Larrazet, 30;
       Montaigu-de-Quercy, 25; Pommevic, 39; La Ville-Dieu, 100;
                                   Grisolle, 50; Septfonds, 50.


        En janvier 1939, les troupes nationalistes envahissent Barcelone. Les civils fuient la France et l'armée républicaine espagnole se replie vers la frontière. Pour tous ces républicains commence une harassante marche "vers une illusoire liberté" 550.000 soldats, hommes, femmes, enfants, vieillards, passent la frontière. La frontière française, fermée de juin 1938 à janvier 1939, est alors ouverte, d'abord aux civils. Puis les 5 et 6 février 1939, l'ordre est donné de laisser entrer en France l'armée républicaine espagnole.

        C'est le deuxième exil de 1939, après celui de 1936. Le président de la République espagnole, Manuel Azana, se réfugie en France et se retire à Montauban, où il meurt en 1940.
Les miliciens espagnols - entendons par ce terme les républicains antifascistes, antifranquistes - sont regroupés dans des camps de concentrations sur les plages du Roussillon, " où ils s'efforcent de dormir, tremblant de froid". C'est Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès, etc.

Les camps français d'internement

       La troisième République finissante ouvre alors les camps français d'internement au début de 1939.Déjà en 1938, le gouvernement par sa politique xénophobe, appliquait la législation d'exclusion de la communauté nationale des étrangers indésirables par, d'abord, une assignation à résidence en mai 1938, puis par internement administratif en novembre 1938. Une expulsion aurait été contradictoire avec le droit d'asile, ardemment défendu par les associations adhérentes au Front populaire. Des milliers de réfugiés politiques en bénéficiaient.

         Le décret-loi du 12 novembre1938 est l'acte de naissance des camps français d'internement qui débutent en 1939 pour finir qu'en 1944.

        En 1939, ils regroupent les étrangers indésirables, des espagnols, des allemands antinazis qui ont fui l'Allemagne hitlérienne depuis 1933 et qui, à la déclaration de la guerre, en septembre1939, sont considérés suspects alors qu'il n'y a aucun danger de complicité avec le troisième Reich. Au contraire !
        Ces camps continueront à fonctionner sous le régime de Vichy, car après la commission d'armistice franco-allemand du 22 septembre 1940, les nazis ont le droit de regard sur les camps français d'internement de la zone non occupée. Ainsi sont menacés 7.500 Allemands (certains sont incorporés dans la Wehrmacht, tous les autres sont conduits à Dachau), des espagnols, des réfugiés étrangers, des français, des communistes, des opposants politiques, des tziganes, etc.

Une loi de Vichy, par décret, publiée le 18 octobre 1940, permet aux préfets d'interner "les étrangers de race juive".
visiteurs sur cette page.
Cette page a été vue depuis mars 2007.
accueil  / histoire / retour
accueil
Le camp de "Judes"
L'album de "Judes" / Plan du camp de "Judes" / l'oratoire Polonais / Le cimetière des Espagnols / Chanson "Le camp de Judes"
Clip vidéo, le "petit camp" / Mémorial baraquement 2008 / Archives sur la vie au camp de Judes en 1939 / La Retirada 2009