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Vestiges et armoirie de Septfonds
           Comme restes ou vestiges du passé conservés sur des monuments, on ne peut relever que deux chapiteaux et un écusson martelé encastrés dans la façade de deux maisons ; quelques tronçons, bases et socles de colonnes, le tout provenant ou de la vieille église ou du château comtal : quelques maisons à pan de bois ou colombage garni de torchis et de briques, en encorbellement sur rue : enfin une tour attenant à un reste d'ancienne porte avec passerelle en arceau et que le nouveau plan de la ville vient de faire disparaître. Mais cette épave aussi bien que la pittoresque perspective d'une des plus vielles rues latérales à l'église, sont conservées ici par les deux planches jointe à une Vue générale et à celle du Sanctuaire de Notre Dame, berceau du vieux Sept-Fonts (ces vues sont reproduites en similigravure, sur les clichés de M l'abbé Laborie, que nous remercions).Ces illustrations accompagnant le texte feront revivre, en partie, des origines et un passé qui ne sont pas sans quelque intérêt.

           Quant aux armoiries, elles sont tirées de l'Armorial manuscrit du juge d'armes d'Ilozier, conservé à la bibliothèque nationale (ces armoiries, simplement décrites, n'ont pas été dessinées dans l'Armorial général de la France : ce qui permet de les donner ici comme inédites) et daté de 1686. Il est plus que probable que la communauté, sollicité, comme le furent les villes et les particuliers, à l'effet de faire enregistrer ses armoiries, ne put en fournir ; on lui composa de simples armes parlantes dont on n'usa jamais officiellement, et qui étaient même ignorées jusqu'à ce jour. Comme le représente le dessin, elles sont : de gueules, à sept bassins de fontaines jaillissantes d'argent, posées 3,3,et 1. l'émail de gueules (rouge) signifie la vaillance et le sang répandu pour la défense du pays, de même que les sources en jets consacrent les sept fontaines qui ont servi à faire dénommer la localité. Mais il y avait moyen d'établir des armes vraiment historiques : c'était de réunir les souvenirs de la bastide comtale, de la seigneurie du célèbre Cazeton (que nous ferons connaître) et la fondation du vieux Sept-Fonts, faite sous le titre de " Sainte Marie " .On aurait ainsi : d'azur, à trois étoiles d'or posées en pal (qui est de Cazeton) ; au chef cousu du même, chargé de trois fleurs de lys d'or, au franc canton de gueules à la Notre-Dame d'argent. Le tout sommé de la colonne murale des places fortifiées, et accompagné de ces trois mots : Fons in fluvium, " la fontaine devient un fleuve " Cette devise mieux encore que le Crescit eundo, adopté par plusieurs localités florissantes, exprimerait le progrès croissants et le développement industriel de Sept-Fonts. Puisse-t-elle devenir de plus en plus l'expression de la réalité ! Elle peut du moins, s'adapter avec quelque à-propos aux armes ici produites comme officielles.

          Que si les Septfontois trouvaient cette notice trop succincte, qu'ils s'en prennent au défaut de document, disparus soit par l'incurie de ceux qui auraient dû veiller aux intérêts de l'histoire locale, soit par le fait des bouleversements survenus à la suite des commotions politiques. Ici, du moins, on aura des données puisées aux bonnes sources et peut-être le moyen d'arriver à de plus fructueuses découvertes. Puisque, par son activité industrielle, son intelligence et sa persévérance, Sept-Fonts démontre éloquemment comment un humble village peut progressivement devenir un centre de richesse et de prospérité, aussi bien un labeur patient et continu dans le domaine de l 'histoire pourra amener des trouvailles qui satisferont encore mieux une curiosité fort légitime.

           L'auteur de ces quelques pages applaudirait à pareil résultat, tout comme il est heureux d'avoir pu rassembler des matériaux qui, peut-être, seront bon à utiliser dans une œuvre plus importante. Le cas échéant, il apportera le fruit de ses nouvelles découvertes et le résultat de ses renseignements qu'on voudrait bien lui fournir encore. De divers côtes lui sont arrivées, pour ce premier essai, des informations verbales et écrites, mises ici à contribution ; il adresse un sincère merci à chacun de ceux qui ont ainsi collaboré à cette Notice. Grâce à ces glanes, soigneusement recueillies, il a été possible de composer une gerbe que nous aurions voulu plus abondante.
Mais :  " Ne fait pas ce qu'il veut qui glane. "

           Ce proverbe, vrai au XIII e siècle, ne l'est pas moins de nos jours ; nous l'avons expérimenté une fois de plus en composant cet opuscule.
                                                                                                                     Montauban, le 20 Août 1900.

                                                                                         Clle DAUX, m. a.
                                                                               Historiographe du Diocèse,
                                                                         Membre de la Société archéologique
                                                                              De Tarn-et-Garonne etc...etc....
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Montauban le 20 août 1900